Le 19 décembre 1957, à six heures du matin, il est arrêté à son domicile par quatre gendarmes armés de mitraillettes qui le conduisent, à pied, à la prison de Fresnes où il retrouve quatre de ses cosignataires : Claude Marti, arrêté le premier le 15 mars, Claude Dubois, Victor Beauvois et Max Rudent, emprisonnés entre-temps. C'est alors que la section clicheur du Syndicat général du Livre décide de créer un Comité de soutien pour la libération de Jean-Claude Faipeur et en confie la responsabilité à son camarade Jean Gay. Immédiatement le Comité organise la solidarité dans notre profession.

L'action du Comité s'oriente dans trois directions. Tout d'abord la collecte d'argent, clef de toutes les actions d'envergure, ensuite l'assistance juridique avec la participation de très nombreux avocats, dont maîtres Léo Matarasso, Roland Weil, Joe Nordmann et même Roland Dumas. Enfin en organisant un grand nombre de réunions à travers toute la région parisienne et beaucoup d'autres dans les entreprises et dans le pays, celui-ci popularise leur action et évite qu'ils ne sombrent dans l'anonymat de leurs cellules. Jean Gay, principal responsable de toute l'action menée à l'époque, expliquait les différents processus d'intervention : envois de télégrammes auprès des pouvoirs publics, alerte auprès des élus, organisation de délégations pour la remise des signatures recueillies et motions des entreprises au ministère de la Justice.  Une ordonnance de non-lieu du tribunal militaire de Paris consacrait le compromis suivant : libérés, ils allaient effectuer leur service militaire dans les troupes coloniales qui n'étaient pas intégrées à l'OTAN et échappaient au commandement de Speidel. C'était sans précédent dans les annales de la justice militaire.

Le Comité du livre était né.

L'adhésion au Secours populaire français s'ensuivra tout naturellement. Et, au fil du temps, le Comité du livre deviendra le Comité du livre et du papier-carton puis le Comité du livre, de la presse et de la communication.